Monsieur Lakhdar Belloumi, dans le cadre de la nouvelle rubrique « Légende » du site DZfoot, vous êtes donc notre premier invité… Pouvez-vous nous raconter vos débuts dans le football…
Comme tous les enfants du monde, j'ai commencé à apprendre le football dehors, dans la rue. Sur les terrains vagues avec ma bande de copains, on posait deux blocs de pierres par-ci par-là et on jouait sans compter pendant des heures. Toute mon enfance se résume à des parties interminables où chacun y allait de sa technique. Jusqu'à 12 ans, c’était les matchs inter quartiers et tournois inter lycées avant de signer ensuite dans un club. C’est donc là que j’ai débuté dans mon quartier avec les enfants de mon âge et même parfois avec des plus vieux que moi. C'est là que j'ai commencé à me faire connaître chez moi, à Mascara.
La légende raconte à ce propos que Belloumi, à 10 ans qui jouait avec des adultes, aurait reçu une gifle d'un certain Bachir pour lui avoir infligé un petit pont...
(sourire)... oui c'est vrai mais c'est normal j'étais un gamin et ces choses-là arrivent partout dans le monde, à 12 ans je jouais régulièrement avec des adultes. J'ai signé ma 1ere licence à la SEMPAC de Mascara à 12 ans avec les minimes puis à 14 ans avec les cadets et à 15 ans j’ai joué mon premier match officiel au sein de l’équipe A c’était une exception je ne vous cache pas, certes c’était très dure physiquement. Rahim Allah, Lagha Saadak m’a fait confiance et comme j'étais trop jeune pour être intégré dans l'effectif Senior j'évoluais sous un faux nom en division d’honneur
Joueur précoce, vous avez également fréquenté très tôt les sélections nationales de jeunes. Quel est l'entraîneur qui vous a repéré?
J'ai débuté en sélection en 1974 en Cadet. J'ai été repéré par Mekhloufi, entraîneur de l'équipe A, et ses adjoints Said Amara, Rouai, Amar, Benhyelles et sans oublier bien sûr le premier, c'était à l'époque Lagha Saadak (Rahim Allah). J'ai par la suite évolué dans toutes les catégories Junior, Espoir aux côtés des Assad, Madjer. On a débuté ensemble très jeune.
J'ai connu ma 1ère sélection avec les A en 78 contre le Malawi, c'était juste après les Jeux Africains d'Alger. Là aussi, j'étais le plus jeune sélectionné de l'époque puisque je suis né en décembre 1958 alors que Assad et Madjer, convoqués avant moi, sont nés en janvier. On était ensemble, on formait un groupe. On était les petits amis, les petits frères de la sélection. Ensemble depuis 74, c'est quelque chose !
Vous avez été pris en charge très jeune, donc c'est ce qui vous a permis par la suite de vous affirmer très tôt ?
Bien sûr, c'est la confiance des responsables, Monsieur Mekhloufi, Saïd Amara au sein des clubs et Rouai qui ont été déterminants dans notre réussite. Avec les équipes nationales, on travaillait dur et on prenait confiance en nous, en battant toutes les équipes africaines même chez elles. Petit à petit, on a débuté, on avait peur de personne et on est vite devenu l'équipe à battre. C'est avec les Jeux Méditerranéens de Split de 1979 qu'on a découvert notre potentiel dans une ambiance très chaude. Nous avons réalisé de grands matchs en battant des équipes européennes et en pratiquant un très beau football en jouant sans complexes avec nos qualités. On s'est incliné contre la Yougoslavie en demi-finale 3-2 dans un match vraiment houleux.